Pour un Nouveau Parti Socialiste - Paris 19 Jean Jaures

Le blog des militants du Nouveau Parti Socialiste, section Paris XIXe Jean Jaures.

19 septembre 2007

Article Liem Hoang Ngoc: Régime spéciaux: la réalité contre les idées reçues

Bonjour,
Voici quelques arguments supplémentaires au débat que nous avons en ce moment en interne et en externe au parti sur la question des retraites. Ceux ci me semblent aller plutôt dans le sens de l'intérêt général, plus que ceux de Valls ou même de Hollande. Mais le débat est lancé! Je suppose que nous en parlerons samedi, au moment de notre journée francilienne.
Bonne lecture, bonne journée et à samedi!
Léa Filoche

Il y a quelque chose de paradoxal à soutenir, comme tous les « bien-pensants », que la pénibilité du travail doive devenir la base du calcul de la durée des cotisations, et à condamner dans le même temps les régimes spéciaux de retraite qui sont, précisément, l’incarnation de ce principe. Dans les régimes spéciaux, qui concernent moins de 5 % des salariés, la durée de cotisation donnant accès à une retraite à taux plein est encore de 37,5 annuités, le taux de cotisation salariale est en général plus faible, mais le taux de remplacement est moins avantageux que dans le régime général.

Le régime spécial des cheminots, plus que celui des parlementaires, est la cible la plus visible du Premier ministre. Le taux de remplacement de la pension d’un non cadre est pourtant de 61 % du salaire chez les cheminots, inférieur au taux de 71 % du régime général. A la SNCF, bien que le calcul de la pension s’opère sur les six derniers mois, contre les vingt-cinq meilleures années dans le secteur privé, ce taux de remplacement inférieur est dû au fait que les pensions des cheminots sont calculées à hauteur de 88 % de leur rémunération alors que le salaire intégral est la base de calcul dans le secteur privé. D’autre part, l’âge de départ à la retraite est fixé à 50 ans chez les agents de conduite (et 55 ans chez les sédentaires). Aucun cheminot ayant débuté à 18 ans ne parvient donc à cotiser 37, 5 années pour toucher une retraite à taux plein. Contrairement à d’autres régimes spéciaux, le taux de cotisation salariale non cadre est même plus important que dans le régime général ; il est de 7,85 %, contre 6,55 % pour le régime général. Le taux de cotisations patronales, de 26,4 %, est plus important que celui du régime général, de 8,2 %.

Le principal problème d’un régime spécial de ce type tient dans la faiblesse du rapport actif/inactif. A la SNCF, un actif finance deux retraités. Les projections du Conseil d’Orientation des Retraites indiquent cependant que d’ici 2040, le ratio pourrait être de un pour un (en raison de la baisse du nombre de pensionnés) et que l’équilibre financier serait assuré dès 2020. D’ici là, les cotisations ne suffiront pas à couvrir le financement du régime. Les syndicats accepteraient vraisemblablement de négocier une augmentation du taux de cotisation salariale, mais les cotisations sociales représentent seulement 38 % du financement du régime. La compensation opérée par le régime général représente 11 % et l’État finance les 50 % restant. À cet égard, abolir ce régime spécial ne règlerait pas pour autant le problème. Cela reviendrait à transférer vers le régime général la charge de financement des retraités de la SNCF. Il faudrait alors demander aux agents de la SNCF de cotiser plus longtemps. Mais ce serait aller à l’encontre de la prise en compte de la pénibilité du travail dans la définition des durées de cotisations. C’est oublier d’autre part que les retraites ont été un moyen de moderniser l’entreprise sans licencier. De nombreux métiers, tels que les gardes barrières, ont disparu, des gares et des lignes ont été fermées et les gains de productivité recherchés avec l’informatisation et l’automatisation des guichets se sont traduits par des suppressions de postes, invisibles dès lors qu’ils prennent la forme de départs à la retraite autour de 54,1 ans en moyenne. L’allongement de la durée de cotisation n’y changerait rien. Dans le secteur privé, l’âge moyen de départ à la retraite est restée à 57,5 ans, malgré la réforme Balladur, car les entreprises remercient leurs seniors pour réduire leurs coûts salariaux (les seniors ont des salaires plus élevés et une productivité présumée plus faible que les nouveaux entrants…). Dans ces conditions, à la SNCF, où les efforts de productivité et de minimisation des coûts sont aussi de mise, l’allongement de la durée de cotisation reviendrait, comme dans le secteur privé, à écarter un nombre croissant d’agents âgés du bénéfice d’une retraite à taux plein, dont le montant a déjà été raboté par la modification de sa base de calcul. Si la durée de cotisation était portée à 40 annuités, la pension moyenne d’un cheminot que la SNCF ferait partir entre 50 et 55 ans serait réduite de 10 % !

La dramatisation à outrance du dossier des régimes spéciaux, jouée par François Fillon, pourrait provoquer un conflit hautement symbolique, digne de celui par lequel Margaret Thatcher vint à bout de la grève des mineurs. Leur défaite avait ouvert la voie à dix ans de néo-conservatisme, auxquels succéda le Blairisme, en guise d’alternance… On ne s’étonnera aucunement que certains « modernisateurs de logiciel socialiste » n’aient « aucun tabou » à accepter l’alignement des régimes spéciaux sur le régime général hérité des réformes réalisées par Balladur puis Fillon en 1993 et 2003, imposant aux salariés de cotiser plus pour gagner moins. Le Medef en profite déjà pour réclamer un recul de l’âge de la retraite pour tous les salariés.


Article paru dans Le Monde daté du 19 septembre 2007

Liêm Hoang Ngoc publie le 20 septembre prochain "Dix questions sur la dette" aux éditions Michalon.

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18 septembre 2007

Université de Rentrée NPS Ile de france

 

Chers camarades,

 


Nous avons le grand plaisir de vous inviter à l'université du NPS Ile de France qui aura lieu le

 

Samedi 22 septembre

 

à Paris de 10h à 17h00

 

Université Paris 1 Panthéon-Sorbonne
Place du Panthéon
Paris 5ème (RER Luxembourg)
 

 

 

  Après la victoire de Nicolas Sarkozy et de la droite aux élections du printemps dernier, suivis par un véritable rouleau compresseur politique et médiatique annonçant chaque jour la mort de la gauche en général et du PS en particulier, il est temps que les socialistes s'interrogent sur les raisons qui les ont amenées à une telle situation. 

Le bilan des campagnes présidentielles et législatives devra être fait, mais nous savons que notre échec vient de loin, qu'il a des causes structurelles, qu'il est l'aboutissement d'un lent recul politique et culturel face aux libéraux.

 

Une profonde oeuvre de réinvention de la gauche s'impose désormais à nous. Elle ne peut se contenter d'une "rénovation" de façade qui laisserait de côté les grands enjeux politiques, sociaux, économiques et culturels. Pour reconstruire notre Parti, la Gauche et nos idées, nous devons aborder les causes de la lente défaite des socialistes.

 

Nous proposons à l'ensemble des militants socialistes d'Ile-de-France de se retrouver pour mettre en commun leurs analyses. Cette réunion, ouverte à toutes et à tous, permettra de lancer un travail de réflexion pour réinventer la gauche, étape nécessaire à la reconquête du pouvoir.

 

 

       

10h00 Accueil par Guillaume Balas Conseiller Régional d'Ile-de-France

 

 

   

10h30-12h00 Table ronde "Quel avenir pour la Gauche?"

   

Claire Villiers Vice-présidente du Conseil Régional d'Ile-de-France, Alternative Citoyenne

   

Laurent Baumel Responsable National aux Études du Parti Socialiste

   

Pascal Cherki Adjoint au Maire de Paris

 

 

   

12h00 13h30 Déjeuner libre

 

 

   

13h30-15h30 Ateliers

 

 << La politique de redistribution des richesses : comment renouveler le pacte social ? >>

   

Intervenant : Pierre Concitadin Économiste

 

<< Comment reconquérir le vivre ensemble dans une société qui fait primer l'individu sur tout ? >>

 

Intervenant : Mohamed Mechmache Président d'AC le Feu et Eric Polian Consultant en droit du travail

 

<< Réinventer le PS >>

   

Intervenante : Barbara Romagnan Secrétaire Nationale du PS à la rénovation

 

 

   

15h30- 16h00 Comptes-rendus des ateliers

 

 

       

16h00 Clôture Benoît Hamon Député Européen, membre du Bureau National du Parti Socialiste

 

 

 

 

 

N'hésitez pas à nous contacter pour toute demande d'information! lea.filoche@gmail.com
 

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06 août 2007

Chavez vu par Ignacio Ramonet

Bonjour à tous,

En ce mois de vacances voici un article paru dans le Monde Diplomatique de ce mois ci. Il permet de remettre au clair des éléments de débats et d'échanges que nous avons notamment avec des camarades du parti sur Chavez et sa politique.
Bonne lecture et bonnes vacances pour ceux qui ont la chance d'en avoir!
Léa Filoche

Hugo Chávez

Peu de gouvernants au monde font l’objet de campagnes de démolition aussi haineuses que M. Hugo Chávez, président du Venezuela. Ses ennemis n’ont hésité devant rien : coup d’Etat, grève pétrolière, exode de capitaux, tentatives d’attentat... On n’avait pas vu un tel acharnement en Amérique latine depuis les attaques de Washington contre M. Fidel Castro. Les calomnies les plus misérables sont colportées contre M. Chávez, conçues par les nouvelles officines de propagande – National Endowment for Democracy (NED), Freedom House, etc. – financées par l’administration du président des Etats-Unis George W. Bush. Dotée de moyens financiers illimités, cette machine à diffamer manipule des relais médiatiques (dont des journaux de référence) et des organisations de défense des droits humains, enrôlés à leur tour au service de ténébreux desseins. Il arrive aussi, ruine du socialisme, qu’une partie de la gauche sociale-démocrate ajoute sa voix à cette chorale de diffamateurs.

Pourquoi tant de haine ? Parce que, à l’heure où la social-démocratie connaît une crise d’identité en Europe, les circonstances historiques semblent avoir confié à M. Chávez la responsabilité de prendre la tête, à l’échelle internationale, de la réinvention de la gauche. Alors que, sur le Vieux continent, la construction européenne a eu pour effet de rendre pratiquement impossible toute alternative au néolibéralisme (lire, dans ce numéro, les articles de Jean Bricmont et Denis Duclos), au Brésil, en Argentine, en Bolivie et en Equateur, inspirées par l’exemple vénézuélien, les expériences se succèdent qui maintiennent vivant l’espoir de réaliser l’émancipation des plus humbles.

A cet égard, le bilan de M. Chávez est spectaculaire. On comprend que, dans des dizaines de pays pauvres, il soit devenu une référence obligée. Dans le respect scrupuleux de la démocratie et de toutes les libertés (1), n’a-t-il pas refondé la nation vénézuélienne sur une base neuve, légitimée par une nouvelle Constitution qui garantit l’implication populaire dans le changement social ? N’a-t-il pas rendu leur dignité de citoyens à quelque cinq millions de marginalisés (dont les indigènes) dépourvus de documents d’identité ? N’a-t-il pas repris en main la compagnie publique Petróleos de Venezuela SA (PDVSA) ? N’a-t-il pas déprivatisé et rendu au service public la principale entreprise de télécommunication du pays ainsi que la compagnie d’électricité de Caracas ? N’a-t-il pas nationalisé les champs pétrolifères de l’Orénoque ? Enfin, n’a-t-il pas consacré une part de la rente pétrolière à acquérir une autonomie effective face aux institutions financières internationales, et une autre au financement de programmes sociaux ?

Trois millions d’hectares de terre ont été distribués aux paysans. Des millions d’adultes et d’enfants ont été alphabétisés. Des milliers de dispensaires médicaux ont été installés dans les quartiers populaires. Des dizaines de milliers de personnes sans ressources, atteintes d’affections oculaires, ont été gratuitement opérées. Les produits alimentaires de base sont subventionnés et proposés aux plus démunis à des prix inférieurs de 42 % à ceux du marché. La durée de travail hebdomadaire est passée de 44 heures à 36 heures, tandis que le salaire minimum montait à 204 euros par mois (le plus élevé d’Amérique latine après le Costa Rica).

Résultats de toutes ces mesures : entre 1999 et 2005, la pauvreté a baissé de 42,8 % à 37,9 % (2), tandis que la population vivant de l’économie informelle chutait de 53 % à 40 %. Ces reculs de la pauvreté ont permis de soutenir fortement la croissance, qui, au cours des trois dernières années, a été en moyenne de 12 %, parmi les plus élevées du monde, stimulée aussi par une consommation qui a progressé de 18 % par an (3).

Devant de tels succès, sans parler de ceux obtenus en politique internationale, faut-il s’étonner que le président Chávez soit devenu, pour les maîtres du monde et leurs affidés, un homme à abattre ?

Ignacio Ramonet.

(1) Les mensonges à propos de Radio Caracas Televisión viennent d’être démentis, cette chaîne ayant repris, depuis le 16 juillet dernier, ses émissions sur le câble et par satellite.

(2)  Mark Weisbrot, Luis Sandoval et David Rosnick. Poverty Rates in Venezuela : Getting the Numbers Right, Center for Economic and Policy Research, Washington, DC, mai 2006.

(3)  Lire le dossier « Chávez, not so bad for business », Business Week, New York, 21 juin 2007.

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28 juillet 2007

Université de rentrée

univ

 

Les universités de rentrée du Nouveau Parti Socialiste se tiendront cette année à Labège, près de Toulouse (Haute-Garonne).

La « Ville rose » sera le cadre idéal pour accueillir nos travaux car elle est emblématique des enjeux politiques, économiques et sociaux actuels et futurs. Enjeux politiques, parce que les derniers résultats électoraux ouvrent une perspective à la volonté de la Gauche de proposer une alternative à la gestion de la ville par la droite depuis plus de trente ans. Enjeux économiques, parce que cette principale technopole d’Europe est en proie à une politique industrielle européenne qui va à l’encontre du maintien de l’emploi. Enjeux sociaux, particulièrement parce que la deuxième ville universitaire de France doit et devra faire face au démantèlement de l’enseignement supérieur par le gouvernement.

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03 juillet 2007

Extraits du discours de Fillon

Lors de son discours de politique générale, le Premier ministre est notamment revenu sur l'ouverture prônée par Sarkozy: "l'amorce d'une mutation politique, un nouvel état d'esprit, une autre façon de penser la démocratie". Voici les principaux points de son intervention.

Le Premier ministre François Fillon a affirmé mardi 3 juillet, au début de sa déclaration de politique générale devant les députés, qu'il leur "devait la vérité parce qu'elle est au coeur de la rupture".

ÉTAT ET INSTITUTIONS

- La rupture et le gouvernement d'ouverture
"Depuis trente ans", "droite et gauche, nous nous sommes efforcés d'ajuster le modèle français au lieu de le repenser de fond en comble", a lancé le Premier ministre, alors que le président Nicolas Sarkozy a fait de la "rupture" le credo de son action.
"Nous n'avons pas réussi, faute d'avoir osé rompre avec ce cercle vicieux qui consiste à travailler de moins en moins et à s'endetter de plus en plus afin de combler l'écart croissant entre nos capacités de production et nos ambitions redistributives qui n'ont cessé de s'élargir", a poursuivi François Fillon.
"Nous n'avons pas réussi, faute d'aller au bout des réformes. Par appréhension politique, par hésitation intellectuelle. Ces atermoiements ont provoqué un divorce entre les pouvoirs et les citoyens", a-t-il jugé.
François Fillon a notamment considéré que le gouvernement d'ouverture "est l'amorce d'une mutation politique..., un nouvel état d'esprit..., une autre façon de penser la démocratie".
"Il n'y a pas un peuple de droite contre un peuple de gauche, il n'y a qu'un peuple, le peuple français capable d'unir ses forces lorsque les enjeux sont clairs et justes", a-t-il ajouté.

- Le modèle français
Le Premier ministre a affirmé qu'il fallait "réécrire le contrat politique, social et culturel de la France".
Le Premier ministre François Fillon a déclaré mardi qu'il fallait procéder à "un examen lucide sur les ressorts usés du modèle français".
"L'embellie économique et sociale que nous connaissons depuis deux ans est encourageante", a dit le Premier ministre lors de sa déclaration de politique générale à l'Assemblée nationale.
"Mais elle ne nous dispense pas d'un examen lucide sur les ressorts usés du modèle français", a-t-il souligné.

- Les institutions
Le président de la République "entend réunir une commission réunissant des personnalités incontestables pour leurs compétences et représentatives de notre diversité politique", pour "éclairer ses choix" en matière de modernisation des institutions, a-t-il indiqué.
Le président va également "inviter les assemblées et leurs groupes à émettre leurs propositions" en la matière, a-t-il dit.
Le président de la République doit aussi pouvoir "venir s'exprimer devant la représentation nationale, comme l'exige la clarté politique".

BUDGET

- Croissance
François Fillon a souhaité une "nouvelle croissance", qui soit "forte", "saine", et "solidaire", et qu'il a opposée à une "vieille croissance" molle.
"Imaginons ensemble une 'nouvelle croissance' ! Une croissance forte, une croissance saine, qui ne soit pas une croissance 'à crédit' dopée artificiellement par les dépenses publiques. Une croissance solidaire destinée à consolider la cohésion nationale", a déclaré François Fillon.
"Gagner le point de croissance qui nous manque, c'est l'objectif fixé par le chef de l'Etat", a-t-il rappelé.
La croissance française devrait être comprise "entre 2,25% et 2,75%" en 2008, selon les prévisions du gouvernement.
"Il faut sortir la France de l'impasse dans laquelle elle s'est enfermée: celle de la 'vieille croissance'", a-t-il souligné.
"Que la politique monétaire ne soit pas aussi réactive que nous le souhaiterions, que la faiblesse du dollar et du yuan ne facilite pas la tâche de nos exportateurs, c'est incontestable !", s'est exclamé François Fillon, dans sa déclaration de politique générale devant l'Assemblée.
"Mais le problème n'est pas que là. Le coeur du problème est d'abord chez nous", a-t-il estimé, en appelant la France à imaginer une "nouvelle croissance".

SOCIAL

- Chômage
François Fillon a fixé à son gouvernement un objectif de "plein emploi", avec un taux de chômage réduit à 5% de la population active (contre 8,1% actuellement) en 2012.

- Sécurité sociale
François Fillon a annoncé que le plan de redressement de la branche maladie de la Sécurité sociale, proposé en juin par l'assurance maladie et qui prévoit notamment des baisses de remboursements, serait "ratifié sans délai".
"Le défi de l'assurance maladie (...) est celui qui s'impose comme le plus urgent compte tenu de la dérive des dépenses", a estimé François Fillon lors de sa déclaration de politique générale.
Le déficit du régime général (salariés) de la Sécurité sociale pourrait être supérieur à 11 milliards d'euros, alors que le gouvernement de Dominique de Villepin tablait en septembre 2006 sur un "trou" limité à environ 8 milliards, selon les chiffres que présentera mercredi la Commission des comptes de la Sécurité sociale (CCSS).
"Les mécanismes (de redressement) prévus par la réforme de 2004 joueront: ils nous amèneront à ratifier sans délai le plan de retour à l'équilibre proposé par les gestionnaires de l'assurance maladie", a indiqué le chef du gouvernement.
L'assurance maladie a présenté en juin un plan de redressement d'environ 1,4 milliard d'euros qui prévoit notamment des baisses de remboursement pour les assurés qui n'ont pas de médecin traitant, des baisses de tarifs de certaines spécialités comme la radiologie ou encore le déplafonnement du forfait d'un euro par acte médical.
"Au-delà des mesures d'urgence, nous n'éviterons pas des décisions structurelles", a prévenu François Fillon. "Il faudra faire des choix courageux, et la mise en place de franchises peut être une solution", a-t-il ajouté. "Les contraintes techniques plaident en faveur d'une franchise fractionnée avec un plafond annuel par personne", a expliqué François Fillon, précisant que c'était "une solution possible pour 2008". "L'équité commandera de réfléchir plus avant", a-t-il noté.

- Syndicats
Le Premier ministre a averti les partenaires sociaux qu'ils devraient "mettre sur la table" fin 2007 des propositions précises, notamment sur l'évolution du marché du travail, faute de quoi le gouvernement "prendrait ses responsabilités sans faillir".
Pour François Fillon, "cette confiance accordée aux partenaires sociaux préfigure une modernisation d'ampleur de notre démocratie sociale".
"La représentativité des organisations syndicales devrait reposer sans équivoque sur le critère de leur audience parmi les salariés, et cela à tous les niveaux de négociation. C'est dans cette perspective que s'inscrirait l'élection à un seul tour, ouverte à chaque syndicat légalement constitué dans l'entreprise", a-t-il estimé.
Et "cette nouvelle organisation du dialogue social favorisera la prise de responsabilité et une réelle décentralisation des négociations sociales qui doit permettre à la culture du contrat de s'imposer", a-t-il poursuivi.
François Fillon a par ailleurs fixé aux partenaires sociaux comme "chantier pour 2008" d'engager une "véritable refondation" de la formation professionnelle.

- Les retraites
François Fillon a indiqué que "l'allongement de la durée de cotisation prévu" par la réforme des retraites de 2003 n'était "pas une option" et "aurait lieu au terme de la procédure prévue par la loi", soit après 2008. "Nous devrons poursuivre, sans faiblesse, la mise en oeuvre de la réforme des retraites", a prévenu Fillon. "L'allongement de la durée de cotisation prévu en 2003 n'est pas une option, il aura lieu au terme de la procédure prévue par la loi", a-t-il ajouté. François Fillon a par ailleurs confirmé sa volonté de réformer les régimes spéciaux de retraites, "au nom de la justice, au nom de l'équité".
Concernant la TVA sociale, le chef du gouvernement a redit que "le débat (aurait) lieu".
Pour financer la protection sociale, dont "le coût est croissant", "soit nous taxons toujours plus l'emploi, et nous laisserons partir à l'étranger les industries, immédiatement suivies par les services, soit nous trouvons un complément différent au financement de la solidarité nationale", a expliqué M. Fillon.


SOCIETE

- "Egalité des chances"
François Fillon a annoncé le lancement d'"un plan respect et égalité des chances" à destination des "quartiers difficiles", essentiellement axé sur l'éducation.
Ce "plan 'respect et égalité des chances' s'attachera d'abord à les désenclaver", a expliqué le Premier ministre. Il a exprimé son souci de "mettre en avant l'égalité des chances par l'éducation avec la réduction du nombre d'élèves dans les établissements où se concentrent les difficultés et avec un renforcement du tutorat".
Il a rappelé son soutien aux "internats de réussite éducative", lancés par Jean-Louis Borloo quand il était ministre de la Cohésion sociale.
Il a annoncé qu'"une dynamique nouvelle serait enclenchée sur la formation et l'accompagnement à l'emploi". "L'incident du RER la semaine passée a bien montré à quel type de difficultés se heurtent au quotidien nos concitoyens et comment dans bien des cas les services publics répondent mal à leurs besoins", a-t-il expliqué.

- L'éducation
Le Premier ministre a annoncé que les études dirigées de "fin de journée" seraient effectives pour tous les collégiens "à la rentrée 2008" et "dans la totalité de l'enseignement supérieur à la rentrée 2011".

- Les universités
François Fillon a annoncé que le gouvernement consacrerait 5 milliards d'euros d'ici 2012 en faveur des universités, sa "priorité absolue".
Il a également déclaré que le gouvernement entendait "tendre vers 3%" du PIB consacrés à la recherche et a rappelé que "50% des jeunes" devaient décrocher un diplôme de l'Enseignement supérieur, comme il l'avait inscrit dans sa loi sur l'Ecole en 2005.
"Nous allons rebâtir l'université française", a expliqué le Premier ministre en citant le projet de loi sur l'autonomie des universités qui sera accompagnée d'"une concertation de fond, dès à présent engagée sur les conditions de vie et de travail des étudiants".
Jugeant "l'accroissement de notre effort de recherche indissociable de la réforme de l'université", il a certifié ne pas être "de ceux qui sacrifieront la recherche fondamentale au prétexte qu'elle serait improductive à court terme".
"J'engagerai l'évolution nécessaire de nos grands organismes publics par une stricte évaluation des programmes", a-t-il prévenu. François Fillon a jugé "tout aussi nécessaire l'accroissement de notre effort dans les entreprises", annonçant "une simplification radicale du crédit impôt recherche".

- Logement
"En l'espace de cinq ans, notre retard en matière de construction, pris à la fin des années 90, devra être comblé. Pour cela nous devrons nous tenir à un objectif de 500.000 nouveaux logements construits par an dont 120.000 logements sociaux", a déclaré Fillon.
François Fillon a souhaité aussi permettre "aux locataires de logements HLM d'en devenir propriétaires avec un objectif de 40.000 accessions à la propriété par an".
Le chef du gouvernement a également promis "un système de caution publique afin de fluidifier et sécuriser le marché de la location".
"L'accession à la propriété, qui sera facilitée par la déduction des intérêts d'emprunts, doit s'accompagner d'un élargissement du marché de la vente", a-t-il ajouté.
Il a affirmé enfin que "l'effort massif engagé en faveur de la rénovation des quartiers se poursuivrait".

- Immigration
"Je n'accepterai jamais de régularisation globale qui n'aurait d'autre effet que de relancer des hommes et des femmes sur les chemins de l'exil", a affirmé François Fillon.
"Le gouvernement combattra avec la plus grande détermination les filières d'immigration illégales et le travail dissimulé car j'y vois une forme moderne de traite des humains", a ajouté François Fillon.
"La France a du coeur mais elle n'est pas assez riche pour être la terre promise de tous les peuples en détresse", a-t-il précisé. Pour Fillon, "toute politique d'intégration suppose, en parallèle, une politique d'immigration choisie et non subie".
"L'intégration signifie que celui qui vient légalement en France adopte la France, et dès lors, la France l'adopte comme l'un des siens", a-t-il dit, ajoutant: "Ceux qui veulent venir en France devront avoir les moyens de s'y intégrer".
Il a indiqué que ces immigrés devraient "avoir un travail", et que seraient fixés "des objectifs quantitatifs pluriannuels", établis "après consultation des acteurs économiques et sociaux".
Il a précisé que ces immigrés devraient également "respecter nos valeurs républicaines" et "apprendre notre langue". "La peur et la défiance sont les adversaires de l'identité nationale", a-t-il ajouté, indiquant que le gouvernement n'hésitera pas à faire preuve "d'autorité".

- Prisons
François Fillon a annoncé que le gouvernement présenterait une loi pour "faire progresser (le) système pénitentiaire".

- Culture
François Fillon a indiqué qu'il allait faire "expérimenter" la gratuité dans certains musées parisiens et de province.

INTERNATIONAL ET UE

- Traité simplifié
"La ratification de ce nouveau traité sera soumise au Parlement au début de 2008", a déclaré le Premier ministre, en rappelant qu'au second semestre de 2008, la France assumerait la présidence de l'Union européenne. Par ce nouveau traité, "le 'non' de notre peuple au traité constitutionnel a été respecté. Le 'oui' à l'Europe politique a été restauré", s'est félicité François Fillon.

- L'agriculture et l'UE
Le gouvernement "ne laissera pas les négociations au sein de l'OMC (Organisation Mondiale du Commerce) se déployer contre notre agriculture", a averti François Fillon.

- L'eurovignette
"La fiscalité écologique doit émerger dans notre droit", a souligné François Fillon, qui a souhaité "aller plus loin et poser la question d'une taxation sur le contenu en carbone des produits offerts sur le marché".
"Déjà l'Europe nous invite à mettre en place une eurovignette pour que les poids lourds circulant sur nos routes ne le fassent plus en totale franchise fiscale alors qu'ils engendrent des nuisances, des risques et des coûts en infrastructures. Nous mettrons en oeuvre cette eurovignette sans tarder en Alsace".

- Liban et Palestine
François Fillon a promis des "initiatives" de la France pour la paix au Liban et au Proche-Orient. "La France va prendre des initiatives pour aider les communautés libanaises à se parler à nouveau", a-t-il déclaré.
"Elle va prendre des initiatives pour ranimer la petite flamme de l'espoir d'une Palestine libre et démocratique coexistant pacifiquement avec un Etat d'Israël reconnu et respecté par tous ses voisins", a-t-il poursuivi.
François Fillon a souligné que "la France ne se résigne pas à voir le Liban de nouveau menacé par la guerre civile" et "à assister impuissante à l'assassinat de tous les dirigeants libanais qui osent défendre l'indépendance de leur pays".
Elle "ne se résigne pas à voir la bande de Gaza en état de siège permanent et la Palestine condamnée à une partition de fait, avant même d'avoir pu exercer réellement sa souveraineté sur son territoire", a-t-il également martelé.

- Terrorisme
La France "n'est pas à l'abri" du terrorisme et "les services de renseignements sont en alerte".

- Défense
"Notre outil militaire doit être musclé autour de nos objectifs de projection de forces et de dissuasion", a déclaré François Fillon à la tribune de l'Assemblée Nationale, assurant qu'il n'était "pas question de baisser la garde".
"Les choix que nous devrons assumer ne seront pas faciles", a-t-il poursuivi. François Fillon faisait allusion aux contraintes budgétaires qui pèseront sur la prochaine loi de programmation militaire (LPM) qui fixera les priorités à compter de 2009.
"Ils ne se limiteront pas au point de savoir si et quand il faut un deuxième porte-avions", a-t-il ajouté, repoussant à plus tard une décision sur ce point.
François Fillon a confirmé formellement la rédaction d'un "nouveau livre blanc qui sera rédigé à l'automne" et précèdera la prochaine LPM.

Voici donc en brut des extraits de son discours d'aujourd'hui. Ces éléments d'actualité doivent permettre au débat que nous aurons demain en Assemblée Générale de NPS d'apporter des contre-propositions et un positionnement clair de toute la gauche.
A demain!
Léa Filoche

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02 juillet 2007

Assemblée Générale NPS Paris

Vous êtes cordialement invités à participer à l'Assemblée Générale de NPS Paris


Jeudi 5 juillet 2007 à 19h30
à Confluences
190 Bd de Charonne
75020
Métro Alexandre Dumas


Le débat d'après défaite doit permettre à la gauche, en particulier le PS de se remettre au travail, de faire les bons bilans pour bien préparer l'avenir. Pour donner les pistes de réflexions sur lesquelles nous souhaitons travailler, je vous invite à (re)lire le texte, distribué notamment lors de la dernière AG du PS19, intitulé "Réinventer la Gauche". Il est disponible sur ce même blog.

En espérant cous y voir nombreuses et nombreux.

Amitiés Socialistes.
Léa Filoche

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16 juin 2007

Assouplir la carte scolaire va profiter aux plus favorisés

Voici un texte extrait du site de l'Observatoire des inégalités. Louis Morin est directeur de l'Observatoire des Inégalités Bonne lecture!

L’assouplissement de la carte scolaire dès la rentrée prochaine, comme l’a annoncé le nouveau ministre de l’éducation Xavier Darcos, va renforcer les inégalités au profit des catégories diplômées. Le point de vue de Louis Maurin, directeur de l’Observatoire des inégalités.


Xavier Darcos, le nouveau ministre de l’éducation, l’a annoncé sur France Info le 20 mai : dès la rentrée prochaine, la carte scolaire devrait être assouplie. Elle pourrait selon lui être totalement supprimée en 2008.

« Lever le voile », « la fin de l’hypocrisie », « plus de tabou ». La plupart des commentateurs approuvent cette idée qui était défendue d’ailleurs par les deux principaux rivaux à l’élection présidentielle, Nicolas Sarkozy comme Ségolène Royal. Le type même de la fausse bonne idée qui va avoir des conséquences désastreuses pour les familles peu diplômées. Elle a le mérite de mettre sur la place publique les privilèges scolaires, mais elle illustre l’incapacité de la société française à réfléchir à une transformation de fond de l’école.

La carte scolaire serait une hypocrisie. Il y aurait, dit-on, 30 % de tricheurs. Ce chiffre suffirait pour légitimer l’ouverture des frontières scolaires, soi-disant au bénéfice de catégories populaires confinées dans des ghettos. Il est vrai que ceux qui contournent les obligations de la carte scolaire sont le plus souvent les ménages les plus diplômés, une sorte de "nouvelle bourgeoisie intellectuelle", qui a davantage voté à gauche qu’à droite le 6 mai. Le décalage entre les pratiques et les actes est parfois frappant, d’où l’hypocrisie.

Mais la réalité est plus nuancée quand on l’observe dans le détail. Sur ces 30 %, les 20 % sont des familles qui optent vers le privé et pour qui la suppression de la carte scolaire, par définition, ne change rien (1). Il reste 10 % de dérogations, 8 % à Paris (2). En gros, la capacité à déroger à la règle augmente avec le niveau de diplôme : elle est inférieure à la moyenne chez les artisans, commerçants, agriculteurs et ouvriers, mais elle atteint 14,6 % chez les instituteurs et 18,6 % chez les professeurs. Eux-mêmes cherchent d’ailleurs parfois à quitter les établissements peu favorisés quand ils y enseignent.

Bref : parmi ceux qui contournent le plus souvent le découpage officiel on trouve ceux qui connaissent le mieux les rouages du système (3). Mais ce sont aussi ceux qui devraient le plus les respecter, à la fois car ils sont les principaux acteurs du système éducatif, mais aussi parce qu’une partie de leur fonction est d’enseigner le respect des règles. D’où un premier enseignement important : les « racailles » de banlieues - dont on plaint l’incivilité à l’école - ne sont pas les seules à enfreindre les règles collectives : ce sport est une pratique partagée par toutes les couches sociales, quand le besoin s’en fait sentir.

Ces passe-droits sont choquants. Est-ce suffisant pour abandonner la carte scolaire ? Raison médicale, frère, sœur ou parent inscrit dans l’établissement, proximité du domicile, les raisons de ces dérogations peuvent être nombreuses. Rien ne dit que toutes sont injustifiées. Admettons que la moitié des dérogations – ce qui est déjà une forte proportion – le soit : on compterait au total 5 % de « tricheurs ». Lever l’hypocrisie consiste donc à généraliser une pratique très minoritaire. L’argumentaire de ceux qui veulent assouplir la carte scolaire revient à remplacer tous les stops par des « cédez le passage », au motif que l’arrêt complet est bien souvent oublié…

Mais surtout, les « abolitionnistes » ne mesurent pas les conséquences de leurs propositions. La carte scolaire est loin d’être la seule barrière entre les catégories populaires et les écoles des enfants de privilégiés, les premiers n’iront pas s’inscrire en masse dans les « beaux quartiers », la Courneuve ne débarquera jamais dans le 7e arrondissement de Paris. Ceux qui veulent la fin de la carte scolaire le savent, sa suppression ne débouchera pas sur une forte mobilité des élèves. Si c’était le cas, les établissements favorisés n’auraient jamais la capacité d’accueillir les enfants des zones défavorisées, et toute l’architecture du système tomberait.

Pour répondre à cet argument, Xavier Darcos - à la suite de Nicolas Sarkozy - a annoncé que la carte scolaire serait remplacée par des critères de mixité sociale dans les établissements. Mais alors, comment, concrètement, établir ces critères ? Notons d’abord que pour évaluer la mixité, il ne suffit pas de connaître la composition sociale de l’établissement, mais il faut aussi celle de sa zone géographique de recrutement. Ce qui s’appelle... la carte scolaire. Et si l’on veut améliorer la mixité dans les faits, il ne suffit pas que quelques élèves de zones d’éducation prioritaire quittent leur quartier pour améliorer la mixité des établissements favorisés. Il faut aussi que les jeunes des beaux quartiers aillent étudier dans des établissements moins réputés...

On suivra avec attention la mise en place de cette "nouvelle mixité sociale", mais personne n’est dupe en vérité. Compte tenu du poids politique des parents dont les enfants fréquentent les meilleurs établissements, on sait d’ores et déjà ce qui va se passer à partir de la rentrée prochaine. L’assouplissement va se transformer en un vaste jeu de choix de l’école, non pas pour les catégories populaires, mais pour les catégories situées juste en-dessous des plus favorisés, disons des 15 % de parents relativement diplômés. Quelques établissements réputés vont se donner bonne conscience en accueillant une poignée de bons élèves venus des quartiers défavorisés. Les écoles les moins réputées vont se vider de ces éléments moteurs, renforçant encore la fracture sociale scolaire. On peut craindre le pire pour ces collèges déjà en situation difficile. Paradoxe ultime, grâce à un enrobage savant les plus pénalisées seront les couches sociales peu diplômées, qui ont porté Nicolas Sarkozy à la présidence de la République...

Cet épisode de la carte scolaire est très révélateur de l’état du débat public français en matière d’éducation. Il existe d’autres solutions que la suppression de la carte scolaire. Rien n’empêche de se donner les moyens de faire respecter « l’ordre » qui a le vent en poupe : mettre en place des contrôles, limiter le choix des options, redessiner les contours de la carte scolaire pour mieux dissocier les quartiers des établissements. Heureusement d’ailleurs, certaines académies font déjà ce travail sans le claironner sur tous les toits, dans la limite de leurs pouvoirs au niveau local.

Il faut aussi s’interroger sur les raisons de fond de la « triche ». La plupart des parents - ceux que l’on entend le moins - ont un profond respect du système. Une partie des parents ont de bonnes raisons de chercher à éviter à leurs enfants l’ambiance de certains établissements (4) et mettent alors leurs convictions dans leur poche : il est simpliste de leur jeter la pierre. Il ne faut pas oublier que les couches les plus aisées, qui ont les moyens de se loger dans les quartiers favorisés, ont rarement besoin de mettre en oeuvre des stratégies de contournement pour envoyer leurs enfants dans de "bonnes écoles". Enfin, dans un contexte de surenchère par rapport à l’école, l’anxiété des enfants et des parents est énorme par rapport à d’autres pays et elle se diffuse même là où les enjeux sont beaucoup plus faibles (5). Cette peur est alimentée sans vergogne par quelques démagogues de l’école pour faire des succès éditoriaux. Elle donne des ailes aux vendeurs de cours privés, subventionnés par la collectivité par des réductions d’impôt qui coûtent à l’Etat sans doute autant que ce qu’il dépense dans les ZEP !

La seule façon de renverser la vapeur est de renforcer considérablement les moyens des établissements les plus défavorisés. La véritable hypocrisie, c’est celle des zones d’éducation prioritaires dont on estime qu’elles sont un échec alors qu’elles n’ont jamais eu les moyens de faire la différence. Le milliard supplémentaire annoncé pour les ZEP par le nouveau chef de l’Etat est une bonne chose, mais il ne représente qu’un cinquième de ce qui sera accordé aux foyers les plus fortunés par la réduction des droits de succession... Au-delà, les difficultés scolaires n’existent pas que dans une minorité de territoires défavorisés. A l’inverse de la politique de concentration des moyens actuelle, il faut investir largement sur un ensemble plus grand encore d’établissements, par exemple en lieu et place de la politique de diminution d’impôts. Rien ne dit qu’on arriverait pas alors à réduire la triche à un niveau résiduel de façon beaucoup plus efficace qu’avec la suppression de la carte scolaire.

Le débat actuel est aussi emblématique du faible intérêt pour une réforme en profondeur de l’école. Il s’agit d’utiliser la démagogie pour faire « populaire ». Le problème de l’école aujourd’hui, c’est qu’elle est pour une bonne part formatée sur le modèle des catégories favorisées : importance démesurée accordée aux humanités contre les techniques, orientation de plus en plus précoce, qui dirige les enfants (fils et filles de catégories populaires) vers les filières qui leur sont prédestinées, évaluation trop fréquente et peu formatrice qui fragilise encore les plus fragiles, jusque l’introduction d’une « note de vie scolaire » pour stigmatiser encore plus les enfants en difficulté, inégalité considérable de moyens entre université et grandes écoles, etc. Depuis plus de dix ans, les politiques éducatives vont à l’inverse de l’égalité des chances.

L’élite intellectuelle du pays va applaudir à la nouvelle politique scolaire, qui va profiter à ses enfants. Car en son sein, ceux qui songent à une réelle transformation restent ultra-minoritaires. Sur fond de lamentation sur la baisse du niveau scolaire (plainte constante depuis un siècle), les catégories favorisées de droite comme de gauche défendent bec et ongles l’école d’avant-hier. Tout autre discours est analysé comme un affaiblissement de la qualité du savoir transmis, qui pénaliserait finalement les moins bien formés. Ce faisant, ces couches sociales tentent de maintenir ou renforcer des privilèges scolaires, comme a pu le faire la noblesse au XVIII siècle avec ses titres.

Bizarrement, on assiste à une sorte de convergence d’intérêt entre des conservateurs traditionnels de « l’élitisme républicain », défendant clairement un modèle, et un public beaucoup plus large qui craint – à juste titre - la tentation libérale et des effets de l’économie de marché appliquée à l’école sans trop se rendre compte qu’il défend du coup une école inégalitaire. En attendant, l’immense majorité des parents que l’on n’entend pas, ne comprend pas le sens du débat public sur l’école, leur demande n’étant pas de changer d’école, mais d’avoir une meilleure qualité d’enseignement dans un système plus égalitaire.

Louis Maurin

Le 20 mai 2007. Ce texte est une version révisée du texte paru le 16 septembre 2006.

(1) Pour en savoir plus : « Le choix de l’établissement au début des études secondaires », Note d’information n°1.42, août 2001. (2) « La sectorisation, l’affectation et l’évitement scolaire dans les classes de sixième à Paris en 2003 », Education et formations n°71, juin 2005. (3) Il faut aussi prendre en compte le fait que certains enseignants dérogent à la carte pour un aspect pratique : avoir ses enfants dans l’établissement où ils exercent. (4) Moins que la qualité des enseignements eux-mêmes. (5) Il faudrait d’ailleurs s’intéresser aux conséquences du surinvestissement scolaire et du poids qu’il fait peser sur les jeunes français en particulier. Tous, même dans les catégories favorisées, ont du mal parfois à le supporter.

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29 mai 2007

Réunion NPS 19 reportée pour cause de Zénith

Cher-e-s tous,

Pour cause de Zénith, la réunion prévue ce soir est reportée au mercredi 6 juin à 19 heures 30

L'ordre du jour proposé est maintenu :
- Situation politique
- Compte rendu CN NPS
- Compte rendu CF
- Préparation élections législatives
- Discussion élections municipales

RSVP sur nps19@neuf.fr nous vous communiquerons les détails pratique (adresse de la réunion etc).

Olivier

 

 

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23 mai 2007

réunion NPS19 le mardi 29 mai


Cher-e-s tous,
Comme indiqué précédemment, NPS19 se réunira :

le mardi 29 mai à 19 heures 30

L'ordre du jour proposé:
- Situation politique
- Compte rendu CN NPS
- Compte rendu CF
- Préparation élections législatives
- Discussion élections municipales

RSV sur nps19@neuf.fr nous vous communiquerons les détails pratique (adresse de la réunuion etc).

Amitiés

Olivier berthelot & Léa Filoche

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15 mai 2007

une motion NPS Paris sur le renouveau de la gauche

Bonjour,
Après une mise sous veille durant la campagne, NPS 19 entend tenir ses positions pour le renouveau de la gauche. une réunion sera organisée dans la semaine du 28 mai (précisions ultérieurement). Dans l'attente, vous trouverez ci-dessous un appel signée par des membres de NPS Paris siégeant dans les instances de la fédération.

Amitiés Socialistes

Olivier

La défaite est lourde, la défaite est triste. Ce texte répond à un besoin immédiat d’exprimer notre envie de comprendre. Il n’a la seule ambition que d’être une première contribution à la  nécessaire réflexion collective qui nous attend bientôt. Il ne veut s’en prendre à  personne si ce n’est à nous tous : comment avons-nous pu perdre cette élection présidentielle ? Comment avons-nous pu laisser Sarkozy devenir président après cinq années de gouvernement de droite très impopulaire ? Comment avons-nous laissé échapper la victoire après tant de mouvements sociaux et d’élections intermédiaires gagnées ? Le bilan de la campagne présidentielle devra être fait mais nous savons que notre échec vient de plus loin, qu’il a des causes structurelles, qu’il est l’aboutissement d’un lent recul politique et culturel face aux libéraux. La gauche ne doit pas dire « charge sociale » mais « cotisation », elle ne doit plus avoir peur d’affirmer ses valeurs d’égalité quand en face on s’assume parfaitement, elle doit reconquérir les cœurs mais surtout les têtes.

1/Evitons les faux-débats

Ce n’est pas seulement Ségolène Royal et les socialistes qui ont subi une lourde défaite lors de l’élection présidentielle, c’est toute la gauche qui est menacée de marginalisation. Ceux qui cherchent une solution dans une « modernisation » libérale de la Gauche se trompent tout autant que ceux qui veulent la pousser vers la radicalité. Evitons les faux-débats : la nature réformiste et sociale-démocrate du PS est une réalité depuis au moins vingt ans, on peut même dire qu’elle est celle de la Gauche toute entière pour au moins 90% de ses acteurs, militants et surtout électeurs. En effet, les mêmes questions sont posées à toute la Gauche en France mais partout ailleurs aussi : comment assurer dans le cadre d’une économie capitaliste plus ou moins mondialisée des politiques démocratiques de justice sociale et promouvant l’intérêt commun et notamment celui des plus modestes ? Comment assurer la victoire du long terme sur la courte vue du marché dont la menace la plus évidente est l’accroissement des menaces écologiques ? Comment construire des relations internationales équilibrées permettant la reconnaissance, le développement et la dignité de tous ?

2/ Une lente défaite sociale et culturelle

La Gauche n’est plus idéologiquement majoritaire, y compris dans les classes sociales les plus modestes. Les mutations du capitalisme de la fin des années 70, les changements géo-politiques majeurs de l’après-guerre froide ont brisé le fragile rapport de force social qui existait dans les pays développés du « monde libre » de l’époque. La casse du cadre keynésien de la régulation macro-économique est alors en route permettant aux détenteurs de capitaux de prendre leur formidable revanche contre l’Etat social établi dans les années de la Grande Dépression des années 30. C’est le début de la grande vague « néo » libérale dénonçant tout frein à un marché doté de toutes les vertus. La « mondialisation » commence alors, brisant  la possibilité pour les salariés de se défendre par la création d’une concurrence toujours plus grande entre travailleurs. La libéralisation des marchés financiers annule les armes traditionnelles des peuples pour se protéger contre les investissements à court terme. L’entrée dans la division internationale du travail de la Chine et de l’Inde est le prétexte à un partage toujours plus inégal de la valeur ajoutée entre capital et travail.

Ce renforcement considérable du capital a aussi des conséquences idéologiques et culturelles lourdes. Il se traduit par une destruction confuse mais énergique des présupposés même des idéaux de progrès. La mise au pas des médias, la dévalorisation de la culture et de la réflexion au profit de l’ « action », le dénigrement du collectif par rapport à l’individu, la destruction de toute théorie critique au nom d’une idéologie « anti-totalitaire » sans réel contenu, sont quelques aspects des processus qui amènent les populations à ne plus croire qu’à la compétition, ou au mieux à la charité. La voie est ouverte alors pour opposer les catégories populaires entre elles : immigrés contre « petits blancs », smicards contre Rmistes, travailleurs pauvres contre chômeurs. On remplace l’axe vertical Capital-Travail par un axe horizontal travailleurs-« inactifs » tendant à ériger la tyrannie des actionnaires comme un fait inébranlable contre lequel « on ne peut rien faire ».

Sans doute cette première phase du nouveau capitalisme se termine, les remises en cause, même partielles, du libre-échange intégral se font jour, l’ère des « blocs » géo-économiques commence peut-être… Ne soyons pas encore en retard d’une analyse.

La gauche social-démocrate n’est pas exempte de contamination, ni en France, ni ailleurs. Les créations de gauches « modernes », valorisant le sociétal (dans un sens laxiste ou autoritaire peu importe) pour ne plus rien dire du social ou dogmatisant la construction européenne pour l’utiliser comme idéologie de remplacement ont été le signe de cet affaiblissement.

Les naissances de « troisièmes voies » auto-proclamées sont les paravents à un renoncement fondamental : la gauche est vaincue car elle est persuadée des axiomes de l’adversaire. Il ne s’agit plus de construire démocratiquement et progressivement un rapport de force plus favorable au travail mais d’adoucir et d’humaniser une domination capitaliste toujours plus réelle mais qui disparaît dans le firmament des « contraintes ».

3/ Reconstruire.

Il faut donc remettre la social-démocratie en mouvement en la réarmant théoriquement et pratiquement, en organisant sa contre-offensive culturelle et organisationnelle.

Allons même plus loin, c’est toute la gauche qu’il faut reconstruire en brisant les anciennes frontières pour faire émerger une force neuve, conquérante et fédératrice, un nouveau mouvement ou parti sûr et fier de ses valeurs et de son projet.

D’un certain point de vue, la victoire de Nicolas Sarkozy nous montre la voie par sa reconstruction idéologique de la Droite, sa volonté d’en finir avec un « recentrage » démobilisant pour assumer sans complexe ses valeurs et ses thèmes. Il a voulu gagner culturellement la bataille politique avant de vaincre électoralement. Ainsi, il a pu s’assurer un soutien inconditionnel de ses électeurs traditionnels, se permettant ensuite le luxe d’aller chercher ses électeurs ailleurs : à l’extrême-droite, au centre mais même, disons-le, à gauche aussi. Doit-on se satisfaire que ce soient la France du Nord et de l’Est qui plébiscitent Sarkozy, c'est-à-dire la France des grandes industries sinistrées, des campagnes inquiètes quand nous faisons nos meilleurs scores dans la France « soft » des moyennes villes dynamiques de l’ouest, au chômage encore assez bas, aux universités modernes et en pleine ascension ? La Gauche ne peut-elle que représenter les couches intellectuelles, les catégories populaires des cités des grandes villes et les artistes des centres urbains ?

La course au centre qui nous est proposée est la même erreur que celle commise par les démocrates américains depuis la défaite de Clinton : la politique comme une addition tactique de voix. Certes, il faut écouter la société et ses souffrances mais il faut surtout lui affirmer avec force ce que nous voulons, nous devons gagner dans les têtes avant de gagner dans les urnes. La gauche ne peut se contenter d’être une anti-droite.

Pour cela, il nous faut agir dans l’ordre : organiser une résistance forte au sarkozysme triomphant lors des législatives de Juin, rassembler ensuite de grandes assises de tous ceux et celles qui veulent reconstruire une perspective progressiste dans  notre pays, créer alors un nouveau cadre politique rassemblant l’essentiel de la gauche.

Les questions de leaderships viendront en leur temps. Commencer par elles c’est abaisser ce que nous sommes, mépriser le peuple et désespérer nos militants, sans doute il y a-t-il mieux à faire.

 

Les membres des instances fédérales du PS Paris :

Guillaume Balas, Fabien Badinier, Corine Barlis, Olivier Berthelot, Murielle Blaisse, Julien Bobot, Jeanne Bot, Nicolas Braemer, Stéphane Bretout, Fanelie Carrey-Conte, Sandrine Charnoz, Pascal Cherki, Olivier Daronnat, Virginie Daspet, Soulé Diawara, Claire Edey, Aude Evin, Léa Filoche, Lauren Gimenez, Frédéric Hocquard, Catherine Joly, Fabrice Labroille, Stéphane Lovisa, Thierry Malarde, Lucie Marinier, Isabelle Martin, Nathalie Maquoi, Claire Morel, Yannick Pain, Carine Petit, Emilie Pouradier, Axel Rabourdin, Rodolphe Raphaël, Marie-José Raymond-Rossi, Bastien Recher, Delphine Rouilleault, Ambroise Solomon, Laurent Touzet, Julie Tartarin, Pauline Veron, Alexandre Wattiez.

   

                    08:00                                             Publié dans                                                    Textes                                                      |                                         Lien permanent                                         | C

Posté par NPS19 à 10:07 - Commentaires [1] - Rétroliens [0] - Permalien [#]



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